Le monde IT a bien changé, constate Hervé Rolland : “Jusqu’ici nous avions des responsables métiers qui demandaient à la DSI: “‘S’il vous plaît, pourriez-vous me fournir telles ou telles données une fois par mois, sinon au moins une fois par trimestre?”. Nous étions dans le registre des requêtes sur bases de données, donc, dans la logique des ‘SGBD’ -relationnels ou non, imposant des données structurées dans des champs pré-définis, etc. Aujourd’hui l’avènement du ‘big data’ nous conduit à l’inverse : la DSI se doit de rassembler toutes les données disponibles ou presque, et doit les mettre à disposition des managers, le plus rapidement possible et jusque sur des iPad !”.
Et d’ajouter : “Précisons qu’il s’agit de travailler le plus souvent à partir de “données concrètes et disparates” : par exemple, mesurer l’impact d’une campagne de marketing ou de communication, voire l’analyse de commentaires, le décryptage d’avis de leaders d’opinions, etc. Nous sommes bel et bien entrés dans l’ère et la logique des ‘followers’ sur les réseaux sociaux!”.
“Nous sommes entrés dans cette culture où mieux vaut être connecté en permanence, être à l’affût de la bonne idée, celle qui fait mouche et se répand comme une traînée de poudre, sans être passée par les canaux classiques, ni par la hiérarchie… Comme cela s’est produit récemment dans l’Education Nationale, où un enseignant a tapé dans le mille avec une idée innovante”.
La réalité des 3 V
Le ‘big data’, comment le définir?
“Ce nouveau concept renvoie bien à une réalité, celle des “3 V”:
-la volumétrie: c’est bien une caractéristique du ‘big data’;
-la variété des sources : le RFID, le flux des appels sur un call-center;
-la vélocité : certains produits pourraient disparaître du marché parce que leur réputation peut être saccagée par de fausses rumeurs, des messages très négatifs attisés par des concurrents…
“On peut citer le cas des produits provenant de communautés de métier, comme celle des architectes (ils sont 70.000 en France). C’est le domaine du lobbying commercial, avec la recherche de leaders d’opinion, des investigations via des panels de consommateurs ou de citoyens, etc.”
“L’un des intérêts principaux du ‘big data’ est sans doute sa capacité à transformer des volumes de données en informations pertinentes et utiles.
Selon une étude récente, 81% des cadres dirigeants admettent qu’ils n’ont pas les bonnes informations pour prendre leurs décisions de façon sereine ; ils reconnaissent qu’ils ignorent la qualité, la pertinence des données. C’est la complainte souvent entendue: “Il y en a tellement qu’on ne sait pas les exploiter!”
Or il existe des solutions, des process qui aident à la sélection et au traitement - comme ce qu’offre Netezza [société récemment acquise par IBM ; cf. notre article, cité ci-dessous]. C’est le genre de logiciels qui permettent des analyses dans la grande distribution, par exemple pour associer l’achat d’un produit à un autre, permettant de déterminer le bon argument marketing pour un ‘groupage’ pertinent. “Nettezza constitue un ‘front-office’ idéal de solutions de Business Analytics” [Cognos et SPSS (*) : cf. notre article: 'IBM IOD 2011: Netezza un an après. Entretien avec Prat Moghe').
"Il s'agit effectivement de transformer des informations en décisions, pour développer des activités, pour optimiser sa logistique, etc. Ces traitements relèvent souvent de process non linéaires, ou 'logique floue'.
Des volumes colossaux, souvent sous-estimés
"Certains dossiers aujourd'hui recèlent parfois une volumétrie inattendue. Ainsi, le choix d'un emplacement pour ériger une ferme d'éoliennes, par exemple, nécessite une batterie impressionnante de données liées à la météorologie, à des modélisations et simulations diverses -le tout pouvant peser jusqu'à 6 péta-octets de données!"
"Les problématiques d'aménagement des grandes villes sont également une cible de choix pour le traitement du 'big data'. IBM a beaucoup investi dans ce domaine, par exemple sur Stockholm ou Rio de Janeiro."
"On peut également évoquer le 'big data' dans l'infosphère: prenez, par exemple, les 'streams', ces flux d'information en temps réel. Il va devenir crucial de savoir récupérer ce type de data, de les traiter en temps réel, à la volée... (*)
Ce n'est pas sans risques... [suite p. 2]
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