TRIBUNE: Cloud ou réseau cloud?

James Staten, consultant sénior du cabinet Forrester Research, s'interroge sur le rôle des prestataires de services dans la perspective 'cloud computing'

Vous vous souvenez sans doute de ce que nous avions dit, il y a quelque temps, du ‘cloud’, qu’il soit public ou privé. Ne devrait pas ressembler à une ile ? Est-ce également vrai pour les fournisseurs de ‘cloud public’ ?
Un nombre croissant de prestataires de services s’engouffrent sur le créneau de l’IaaS (Infrastructure as a service),  non pas en élaborant leur propre solution, mais en s’appuyant sur des plateformes logicielles comme VMware, OnApp ou CA. Les avantages d’une telle approche sont multiples :
- une mise sur le marché plus rapide,
- une réduction des dépenses de R&D,
- dans certains cas,  la notoriété de la  marque,
- potentiellement une meilleure compatibilité avec les systèmes de l’entreprise,
- et, quelque part, l’accès à un réseau de fournisseurs compatibles.
Certes, mais ces avantages sont-ils la meilleure solution pour les professionnels I&O (Infrastructure & Operations) ?  Au sein du cabinet Forrester, nous avons étudié la question dans un récent rapport – « The third and final part of our public IaaS cloud market overview ». J’aurais aimé vous dire que oui, ce sont les meilleures solutions. Mais comme de nombreux points sur ce marché bientôt mature, cela dépend. Il est vraiment trop tôt pour être affirmatif. Ces solutions sont néanmoins prometteuses et elles vont permettre à votre prestataire de services de vous apporter plus de valeurs.
Comme nous l’avons déjà souligné, le premier avantage que peuvent apporter les prestataires de services traditionnels aux entreprises, c’est leur portefeuille de services dans un même contrat et potentiellement sous la même interface de gestion.  Répartir les charges de travail, entre hébergeur traditionnel, externalisation, clouds privés et public sans avoir à changer de fournisseur est très intéressant.
Le défi à relever est de s’assurer que cela ne se fait pas au détriment d’autre chose. Bienvenue dans le débat ancestral du « unifier plutôt que diviser ».
Notre analyse montre que les offres couvrent l’ensemble des problématiques mais sur différents niveaux. OnApp, par exemple, dispose  d’un grand nombre de  partenaires  prestataires de services qui utilisent son logiciel, sans pour autant être membres d’un réseau de prestataires. VMware est clairement le logiciel le plus compatible, mais s’inscrit délibérément dans la construction de son réseau. Et sans leadership clair dans ce domaine, certains prestataires de services se protègent comme ils peuvent.

D’autres options possibles…
La bonne nouvelle c’est que d’autres options sont possibles. Trop de choix tue le choix ! Et notamment lorsque que l’on souhaite comparer différentes propositions, finalement incomparables. Tous les fournisseurs de cloud ne sont pas équivalents et on ne peut pas comparer un fournisseur d’AppLogic de CA  Technologies avec celui de Citrix CloudStack. Alors, quelle est la meilleure approche pour sélectionner un prestataire ?
Commencer par votre charge de travail et vos contraintes, et demandez-vous : comment chaque prestataire répond-il à mes besoins?  Maintenant, cela ne signifie pas que nous devez essayer triturer un cloud tant et plus pour le faire ressembler à votre datacenter actuel. Cela ne marchera pas. Il faut bien comprendre ce qu’est l’IaaS et quelles sont les différences entre le cloud public, l’hébergement privé et votre propre cloud privé interne et leurs aspects économiques avant de  lancer votre projet.  Si vous considérez que vous aller simplement transposer votre existant sur des VM dans votre datacenter grâce à un fournisseur de ‘cloud’, et faire ainsi des économies, vous risquer de déchanter…
Mieux vaut commencer par estimer précisément la charge de traitement et évaluer ce que l’on peut attendre d’un ‘cloud’. Vous serez ainsi en mesure de comparer les différentes options ‘cloud’possibles.
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(*) James Staten est consultant sénior au sein du cabinet Forrester Research.

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