L’université Paris-Descartes : le nuage à suivre

L’Université française se maintient à la pointe des technologies, comme le prouve Patrick de Carné, directeur technique à la DSI Paris-Descartes, avec le projet Broca2. En route pour le cloud !

Les 50 ingénieurs de la DSI de Paris-Descartes assurent la maîtrise technologique informatique et la gestion des réseaux et du développement pour cette université et collaborent avec 5 à 6 établissements. Il s’agit d’informatique de gestion et pédagogique (hors informatique de recherche).

Patrick de Carne

Patrick de Carné

Obsolescence et cloisonnement de l’existant
L’infrastructure historique Broca1 est née en 1975 sur une surface de 250 mètres carrés, puis a évolué de façon cloisonnée. Plus récemment, le système d’information a été SI consolidé sur 6 baies pour 250 serveurs physiques, 150 serveurs virtuels, dont l’hébergement de services tiers comme la gestion de bibliothèques.
Axel Kahn, président de l’Université Paris-Descartes, a lancé le projet de Campus Virtuel, nécessitant fiabilité et haute disponibilité.
« Cela nous a obligés à faire évoluer l’infrastructure de notre datacenter Broca1. Broca 2 est une extension permettant de récupérer le meilleur de l’existant (migration) et de concevoir des services pour le Campus Virtuel de l’université Paris-Descartes et d’autres établissements. Objectif : héberger des applications métier, et proposer des services à d’autres établissements,» explique Patrick de Carné, directeur technique à la DSI de l’Université Paris-Descartes
En effet, les technologies en place se sont révélées peu agiles et non habilitées à traiter des informations externes. C’est pourquoi Broca 2 a été pensé pour apporter de la haute disponibilité, de l’ouverture et de l’agilité.

L'ecosysteme des partenaires technologiques

L'écosystème des partenaires technologiques

Un riche écosystème pour une infrastructure modèle
« Nous avons choisi la mise en place d’un centre de calcul multitechnologies : Dell, VMware et Microsoft hyper-V, Compellent pour le SAN, Cisco pour le réseau ou encore Emerson pour la gestion énergétique et climatique. Bref : l’adoption d’un dispositif conforme à ce qui se pratique au mieux ailleurs,» rapporte Patrick de Carné. « Cet écosystème de partenaires nous a permis de mettre en place des pratiques novatrices, mais éprouvées. Nous avons également puisé dans les technologies cloud les plus récentes. Le démonstrateur prouvant que cette infrastructure pouvait être répliquée. Nous l’avons donc adoptée.»
Pour compléter la virtualisation des serveurs, le nouveau projet apporte la virtualisation du réseau et du stockage, en plus des serveurs, favorisant l’extensibilité et la gestion des ressources. En outre, une allée froide modulaire et extensible assure une meilleure maîtrise de la consommation énergétique au mètre carré.
« Ce projet consiste aussi à mettre en place une mutualisation des ressources, et à concevoir une infrastructure répliquable, sur le même site ou sur un autre. Et tout cela de façon industrielle, car la gestion de la virtualisation dépasse vite ce que peut gérer et superviser manuellement un informaticien. Surtout en ce qui concerne le stockage,» souligne Patrick de Carné.

Une forme de SSII de l’État au service de l’État
L’automatisation passe immanquablement par une logique de management et d’administration informatique de très haut niveau. « Nous avons adopté -entre autres- vSphere, qui nous permettra d’étendre la virtualisation au réseau et au stockage. Grâce à cette agilité de management de l’infrastructure et à la virtualisation, nous pouvons de proposer à d’autres établissements un hébergement leur permettant de conserver leur environnement natif et de le gérer eux-mêmes. Et nous conservons la main sur l’administration de l’architecture,» analyse Patrick de Carné.
Après deux années d’études, la DSI de Paris-Descartes dispose d’une infrastructure avec provisionnement à la demande (de type IaaS). Une sorte de SSII potentielle de l’État au service de l’État.
D’ailleurs, la DSI développe et installe ses propres applications. Ainsi, l’application de recrutement des enseignants-chercheurs pourrait aussi être installée et utilisée par d’autres universités, dans leur propre système d’information.
Aujourd’hui, ce type d’application est déployé sous forme d’instance hébergée par Descartes, mais peut aussi être déployé sous forme mutualisée, mais toujours pour un maximum de 4 ou 5 établissements.
Broca2 vise à étendre la salle machine jusqu’à 60 baies, donc à un périmètre limité. « Nous n’avons pas vocation à devenir un fournisseur attitré, mais ces projets contribuent au rayonnement intellectuel de l’Université,» précise Patrick de Carné.
Le modèle économique reste simple : une rétribution annuelle à travers des conventions annuelles cadrées par l’État. Paris-Descartes gère un budget analytique et consolidé en toute indépendance, mais dans un cadre légalement encadré.

Rayonner et partager ce savoir-faire
Autre ambition intéressante, la méthodologie et l’infrastructure Broca2 peuvent être répliquées sur d’autres infrastructures, y compris à des échelles différentes : régionale, nationale… À terme, un cloud universitaire au niveau national ou européen est même envisageable sur un modèle de ce type.
D’ailleurs, la DSI se prête volontiers à des démonstrations, et peut envisager des formations/information sur les infrastructures, le déploiement d’allées froides, etc.
Ce projet exportable semble intéresser d’autres secteurs. « Inéo, du groupe GDF/Suez, pourrait être intéressé par ce modèle dans le cadre de la gestion des communautés urbaines,» confie Patrick de Carné.
Néanmoins, la partie provisonning/facturation n’est pas encore intégrée. Toutefois, un travail de réflexion a déjà commencé avec des collègues franciliens de la DSI et des partenaires.

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